Droits humains : Le Gabon dépénalise l’homosexualité

Moins d’une semaine après l’Assemblée nationale (Chambre basse), le Parlement du Gabon a définitivement adopté lundi 29 juin (par 59 voix, contre 17, et 4 abstentions) le projet de loi, soutenu par le gouvernement, dépénalisant l’homosexualité dans ce pays d’Afrique centrale. Le Premier ministre Julien Nkoghe Bekalé était d’ailleurs présent dans l’hémicycle pour motiver les sénateurs.

L’alinéa 5 de l’article 402 du Code pénal, en vigueur depuis juillet 2019 et assimilant les rapports homosexuels à une « atteinte aux mœurs », est donc désormais caduque. Sans avoir été appliqué, le texte prévoyait des condamnations jusqu’à 6 mois de prison et une amende de 5 millions de francs CFA (soit 7.600 euros) pour toutes relations sexuelles entre personnes de même sexe.

Des marches programmées pour contester le vote de cette loi ont également été interdites par le ministère de l’intérieur.

Une partie de l’opposition, du clergé et même de la majorité présidentielle s’était en effet exprimés contre la décriminalisation, estimant que l’homosexualité « était contraire aux us et coutume » du pays, et que cette proposition ne visait qu’à « faire plaisir » aux bailleurs de fonds occidentaux.

Plusieurs personnalités gabonaises se sont néanmoins exprimées publiquement en faveur, rappelant que les relations consensuelles entre personnes du même sexe n’avaient jamais été interdites au Gabon avant l’introduction de cet amendement par le Sénat il y a un an.

La première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, qui avait aussi apporté son soutien au projet, s’est félicité de ce rétablissement du droit « d’aimer  librement, sans en être condamné ».

Rappelons que l’homosexualité est largement criminalisée en Afrique subsaharienne, où plus de la moitié des pays interdisent ou répriment les rapports homosexuels, parfois de la peine de mort.